L'absence de la culture politique dans l'analyse de la diversité des capitalismes et des régimes de welfare, comment y remédier
Si le terme « culture politique » est difficile à utiliser, la notion revient constamment sous la plume de la majorité des auteurs, en passant, dans les typologies de welfare capitalism comme dans celles de la « political economy ». Mais, d'un point de vue sociologique, la principale notion retenue est celle, encore relativement imprécise, d'idées (par opposition aux intérêts et aux institutions). L'approche en termes de référentiels, quant à elle, paraît plus précise que celle en termes d'idées. Elle ne fait pourtant aucune référence explicite à des aspects culturels. Plus que l'approche en termes de « paradigmes », sa richesse inclut, au-delà des algorithmes, les valeurs, les normes, mais aussi les images, et leur contenu affectif, ce qui permet, à notre avis, une articulation plus explicite avec une approche en termes de culture politique (le « cognitif » et le « culturel » peuvent être considérés comme proches). Pour les mêmes raisons, la culture politique peut aussi se combiner avec une approche en termes de discours (en particulier dans « l'institutionnalisme discursif » de V. Schmidt). Donner un contenu « culturel-politique » à l'analyse, c'est donc s'éloigner d'une conception du rôle des idées qui considère ces dernières comme des « paradigmes », des ensembles de propositions rationnelles (à validité universalisante) qui constituent en quelque sorte une base algorithmique de construction des politiques publiques ; cela permet de rendre à ces politiques une épaisseur plus grande en les contextualisant. Le concept de culture politique étant extraordinairement polysémique, il s'agira de s'armer d'une définition précise, articulant des valeurs, des pratiques et des institutions, repérées par une pratique d'enquête spécifique, de type « ethnographique ». La communication est liée à l'analyse comparative menée en Europe qui a fait l'objet de la publication, en 2008, de La longue marche vers l'Europe sociale, PUF, coll. Le lien social.
Could the concept of « political culture » fit in the analysis of the diversity of capitalism?
Because of its extreme polysemy, the concept of 'political culture' has tended not to be used by many of us; however, most social scientists analysing the diversity of capitalism and welfare regimes still mention political culture, en passant, in their work. Political culture is also mentioned by 'discursive institutionalists' (V. Schmidt), but it does not tend to be an explicit variable in her analysis. One of the advantages of the 'référentiel' approach (Jobert and Muller) is that it goes beyond "paradigms" to include, not only the rather vague notion of "ideas", but values, norms, algorithms and even images (that bear an affective colour). We propose to complement the référentiel and the 'discourse' approaches by linking them explicitly to the concept of political culture. The goal is to try and find a more precise notion of what is generally addressed as 'cognitive' when we analyse policies and regimes. The introduction of culture could in my view use the advantages of ethnographic field work and bring a 'thicker' description of the role of "ideas". The presentation is based on the comparative analysis in Europe which was the basis for the publication in 2008, of La longue marche vers l'Europe sociale, PUF, coll. Le lien social.
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